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L’expression créative de la colère : une approche psychosomatique

la colère en art-thérapie
Expression créative de sa colère intérieure. Crédit : Josiane Gagnon, 2019

On peut arriver dans un atelier d’art-thérapie portant sur la guérison somatique en étant en assez bonne santé et sans avoir de maladie physique importante. C’était le cas de ma cliente Rosalie (nom fictif). Elle a décidé d’explorer des tensions corporelles qu’elle ressentait et qu’elle reliait au stress vécu dans sa vie. C’est avec une volonté davantage préventive (avant qu’une maladie ne s’installe) que Rosalie s’est lancée dans cette odyssée d’un atelier d’expression créative afin de mieux comprendre ce qui se passait en elle. Comme plusieurs auteurs, je crois que si nous ne sommes pas à l’écoute de nos ressentis corporels et psychiques, ceux-ci se cristallisent et viennent nous parler à travers de malaises corporels.

Notre corps ne ment pas et la façon dont il agit pour transmettre ses messages peut prendre la forme de symptômes qui sont autant d’appels lancés à la personnalité consciente pour qu’elle entende qu’il existe un déséquilibre ou un conflit intérieur. […] Combien de temps faut-il pour percevoir le déséquilibre? Une semaine, un mois, un an, une vie? Combien de récurrences seront-elles nécessaires pour attirer mon attention? Une, dix, quinze? Si je suis coupé de moi-même, une vie peut-être; si je suis à l’écoute et en réceptivité, quelques minutes suffisent parfois pour mettre un terme à une réaction en chaîne symptômes. (Labonté & Bornemisza, 2006, pp. 51-52) 

Je tenterai par cet article de tracer les grandes lignes l’expérience personnelle de Rosalie vécue durant un atelier d’expression créative, plus particulière en observant le lien entre des symptômes corporels et d’une colère refoulée.

Rosalie a choisi d’explorer tout au long de l’atelier le serrement de sa mâchoire (bruxisme). Ce serrement se produit lorsqu’elle dors, il s’agit là d’un symptôme qui représente les tensions qui l’habitent tant au niveau psychique, psychologique que corporel. Elle réalise sa tendance à se retrouver dans des milieux de travail très stressant, car elle aime être stimulée par l’adrénaline, même si cela épuise ses réserves énergétiques à long terme.

Le stress ne résulte pas seulement du fait de vivre une situation difficile, de nombreuses personnes sont aux prises avec de graves soucis sans pour autant devenir malades. Lorsqu’une maladie se déclare dans notre corps, la vraie question n’est pas de savoir quel stress l’a déclenchée, mais pourquoi cela nous touche ainsi, au point que nous prenions notre corps « à témoin ». Car si toutes nos colères se « somatisaient », il n’y aurait guère de survivants parmi nous… Il ne s’agit pas de savoir ce qui nous a rendus malades, mais quelle résonance cela a déclenchée en nous, et sur quelle douleur la colère est venue nous toucher. (Dransart, 2002, p. 87)

J’ai relu cet extrait, après l’atelier afin de mieux me syntoniser avec l’expérience vécu par Rosalie lors de l’exercice du Griboullis géant. Cela m’a fait réfléchir sur ce qui peut se produire lorsque la colère est réprimée et ne trouve aucun lieu sécuritaire pour s’exprimer. J’ai constaté que lors de la présentation en sous-groupe Rosalie était réactive aux commentaires des autres participants. Elle a exprimé qu’elle avait l’impression que les interventions des participants cherchaient à lui imposer un point de vue qui ne correspondait pas à son vécu et au message de la petite fille qu’elle avait dessiné. Puis, comme une bouffée d’air toxique, elle a eu l’impression de replonger dans l’univers malsain de son milieu de travail où elle se sent constamment bafouée. Malgré sa vive émotion, elle avait encore la capacité de voir qu’il s’agissait d’une sensibilité exacerbée qui s’exprimait. Cette colère semblait liée à une blessure fondamentale, comme nous en parle Guy Corneau (2010) : « Les réactions émotives elles-mêmes prennent leur source dans les blessures fondamentales liées à des expériences comme le rejet, la trahison, l’incompréhension, la non-reconnaissance ou l’humiliation. » (p. 116)

Son sentiment de colère avait un message à lui livrer, celui de la ramener à qui elle est vraiment et pour lui faire prendre conscience du mode de fonctionnement dont elle usait pour survivre à son environnement de travail toxique et dans lequel elle s’était enlisée depuis plusieurs années. La petite fille rebelle à l’intérieur de Rosalie avait besoin de s’exprimer pour se soulager de toute cette toxicité ressentie. Dans son quotidien Rosalie avait plutôt tendance à se déconnecter de cette petite voix intérieure. Sa partie adulte autoritaire cherchait constamment à la réprimer plutôt que d’être à son écoute. – « Je dois apprendre à mieux écouter mon enfant intérieur et lui permettre de s’exprimer adéquatement, après tout c’est un enfant qui demande à ce que l’on prenne soit de lui ! », s’est dit Rosalie. En ce sens Guy Corneau (2010) souligne que :

Le trouble est le messager des parties négligées de l’être. Il sera donc important de se livrer à une introspection afin de vérifier si notre réalité s’est éloignée de ce que nous sommes réellement. » (p. 115) […] Les attitudes défensives que nous mettons en place composent ce que nous pourrions appeler notre personnalité ou notre personnage. Ce personnage est une sorte d’armure psychique vivante qui nous protège de façon que nous ne soyons pas perturbés sans cesse par nos blessures fondamentales. […] Dans un premier temps, cette carapace protectrice à laquelle nous nous identifions inconsciemment nous permet de survivre aux heurts et aux blessures; dans un second temps, toutefois, elle nous étouffe. […] Notre personnage protecteur s’oppose notamment à notre individualité créatrice qui veut s’ouvrir au mouvement de la vie et à sa constante nouveauté. ( p. 117)

Durant cet atelier d’art-thérapie, Rosalie a pu approfondir la connaissance de cette partie blessée et elle s’est réapproprié le pouvoir d’en parler. Ce fut le premier pas pour dénouer sa mâchoire serrée, qui lui causait un bruxisme important. À travers un dessin intuitif , elle a découvert une petite fille qui voulait simplement la guider sur la voie de la guérison. En résumé, cet atelier fut pour Rosalie une expérience à la fois ludique, douloureuse, apaisante, mais assurément enrichissante…


Lectures recommandées :

Brillon, M. (2006). Image du corps et maladie physique, une exigence de travail pour la pensée. Psychologie Québec, le magazine de l’Ordre des psychologues du Québec , 23 (3), 18-20.

Corneau, G. (2010). Revivre. Montréal : Les Éditions de l’Homme.

Dransart, P. (2002). La maladie cherche à me guérir, Tome 2 : Nœuds et dénouements. Grenoble : Le Mercure Dauphinois.

Labonté, M. L., & Bornemisza, N. (2006). Guérir grâce à nos images intérieures. Montréal : Les Éditions de l’Homme.

Moore, T. (1994). Le soin de l’âme. Paris : Flammarion.Rinfret, M. (2000). Intégration des écoutes psychologique et somatique. Revue québécoise de psychologie, 21 (2), 65-83.

Site web recommandé :

Johanne Hamel, auteure de L’art-thérapie somatique (2014) https://www.johannehamel.com/livres


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Guérir par l’argile, une méthode sensorimotrice

Modelage en argile
Le pouvoir thérapeutique de l’argile. (crédit de la photo : Josiane Gagnon, 2019)

Dans cet article, je me penche sur le traitement des traumatismes à l’aide d’une approche art-thérapeutique. J’ai décidé de présenter un extrait d’une revue littéraire que j’ai réalisé sur le sujet. Lors de ma recherche, je suis tombée sur les travaux réalisés par Cornelia Elbrecht (2013) qui utilise une méthode sensorimotrice par l’argile. Elle a reçu l’appui et les encouragements de Peter A. Levine, lui-même un expert en la matière, pour écrire son ouvrage Trauma Healing at the Clay Field. Bien qu’expliquées de manière successive, ces étapes se produisent de façon non linéaire selon le processus du client.

Chez l’humain, les fonctions sensorielles se développent en même temps que les fonctions cognitives. Certains neurologistes, anthropologistes et chirurgiens estiment que ce sont les mains qui ont contribué à façonner le cerveau humain. Lorsqu’une personne est traumatisée, son cerveau est court-circuité. Dans de telles circonstances, les mains savent davantage que notre tête comment rétablir l’équilibre psychologique et physiologique. Il faut prendre le temps de les écouter. En fait, il s’agit d’utiliser le sens du toucher que l’on appelle la perception haptique. Celle-ci nous permet de reconnaître les objets à travers le toucher et de nous connecter à notre premier mode de communication. La communication haptique se développe bien avant la communication visuelle tant chez l’homme et que chez les animaux. L’intérêt pour le langage des mains que porte Elbrecht l’amène à décortiquer les divers codes que les mains utilisent pour s’exprimer. Ainsi, dans l’argile, les mains peuvent gratter, agripper, caresser, tenir, creuser, pénétrer, pelleter, tambourer, taper, détruire, construire, saisir, ratisser, répartir, prendre soutenir, empiler, pousser, séparer, forer, lancer, écraser, aligner, modeler, tourner, tordre, mouler, dessiner, écrire, se balancer, etc.

Une séance typique d’art-thérapie dans un bac d’argile à la manière d’Elbrecht se base sur la méthode SIBAM (Sensation, Image, Behavior, Affect, Meaning) élaborée par Levine (2010). Ainsi l’art-thérapie permet de réassocier ces éléments qui ont été dissociés lors d’un traumatisme. Prenons le cas fictif de Kate (Elbrecht, 2013) :

  • 1e élément : Kate est assise devant le bac d’argile et nomme se sentir angoissée. Le thérapeute lui demande de décrire comment elle ressent cette angoisse dans son corps. Elle répond sentir des tensions et des maux d’estomac. (Sensation)
  • 2e élément : Kate tente de toucher l’argile et dit que cela a l’air dégoûtant. (Image)
  • 3e élément : Le thérapeute suggère à Kate de trouver un endroit sécurisant pour déposer ses mains. Kate touche les bords du bac, puis elle secoue le bac pour tester sa solidité. (Behavior)
  • 4e élément : Elle rapporte se sentir maintenant plus forte. (Sensation)
  • 5e élément : Puis, Kate touche l’argile et dit « ce n’est pas si pire que ça en a l’air ! ». (Image)
  • 6e élément : Ensuite, elle ose toucher pleinement l’argile et elle pousse à l’extérieur de mottes d’argile de plus en plus frénétiquement. (Behavior)
  • 7e élément : Elle expérimente un flot de rage passant à travers elle. (Affect)
  • 8e élément : Kate grogne « Dehors ! ». Et, graduellement ses mains se déposent calmement et sa respiration s’adoucit. (Sensation)
  • 9e élément : Les mains de Kate commencent à explorer le bac avec curiosité et une joie grandissante. Elle s’exclame « J’ai de l’espace ! Beaucoup d’espace ! Je me sens bien ! Ah ! Je suis capable de le faire ! Je peux le faire ! (Meaning)

En résumé, il s’agit d’une approche du bas vers le haut (du sensoriel au cognitif) qui utilise le corps comme médium. Les interventions du thérapeute sont minimalistes, et celui-ci cherche à s’assurer avant tout de sécuriser le processus afin de permettre à la personne de retrouver confiance en ses propres capacités. Cette méthode permet d’amener des changements durables à long terme, car ils proviennent du corps lui-même. (Elbrecht, 2013)


Pour en savoir plus…

Lectures recommandées

Elbrecht, C. (2013). Trauma Healing at the Clay Field: A Sensorimotor Art Therapy Approach. Londre et Philadelphie : Jessika Kingsley Publishers.

Guay, S. (2015). Un trauma, est-ce pour la vie ? Puis-je être guéri, redevenir comme avant ? TRAUMAG, 8, 1

Hass-Cohen, N. & Clyde Findlay, J. (2015). Art Therapy & the Neuroscience of Relationships, Creativity & Resilience : Skills and Practices.New York et Londre : W. W. Norton & Company.

Lev-Wiesel, R. et Slatter, N. (2007). Art Making as a Respond to Terrorism. Dans Kaplan, F. F. (Dir,), Art Therapy and Social Action. (p. 191-210). Londre et Philadelphie : Jessika Kingsley Publishers.

Levine, P. A. (1997). Waking the Tiger ‒ Healing Trauma. Berkeley : North Atlantic Books.

Levine, P. A. (2010). In an Unspoken Voice : How the Body Releases Trauma and Restores Goodness. Berkeley : North Atlantic Books.

Van der Kolk, B. A. (2014). The body keeps the score: brain, mind and body in the healing of trauma. The New York : Penguin Book.


Liens suggérés

Trauma-Informed Practices and Expressive Arts Therapy Institute and Learning Center. (site dédié à la pratique de l’art-thérapie pour aider les gens vivants avec un traumatisme)

Cathy Malchiodi, PhD, LPCC, LPAT, ATR-BC, REAT. (une auteure incontournable en art-thérapie.)

Dr. Levine concepteur de la méthode Somatic Experiencing®. (site web éducationnels pour ses étudiants)

Bessel van der Kolk (pionner et expert dans le traitement du stress post-traumatique).

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Accueil Créativité

Les processus primaires et secondaires en créativité

Dragon et créativité
La peur du succès, gouache et encres (crédit : Josiane Gagnon)

En psychologie, on évoque souvent les processus primaires et secondaires, mais qu’en est-il lorsque ces concepts sont appliqués au champs de la créativité? Dans cet article,  je vais tenter d’expliciter ces deux processus en me référant à Maslow (2006, 2008). Cet auteur et psychologue défini deux niveaux à l’activité créatrice : les processus primaires et les processus secondaires.

D’abord, il y a les processus primaires qui sont liés à l’inconscient, à des couches très profondes de notre appareil psychique où siègent nos émotions, nos images intérieures, nos intuitions, nos rêves, mais aussi notre capacité à jouer. S’ouvrir aux processus primaires implique de ne pas se censurer ni s’inhiber. Il s’agit d’honorer notre authenticité en s’autorisant à rire comme un fou, à pleurer sans raison, à être imprévisible, irrationnel et sans tabou. Voici un extrait qui résume cette pensée :

(Maslow, 2006, p.107)

« […] c’est de ce même inconscient, de ce même moi plus profond, de cette part de nous-mêmes qui nous effraie et que nous essayons de contrôler, que vient cette capacité à jouer, à trouver du plaisir, à fantasmer, à rire, à paresser, à être spontané et, ce qui nous intéresse ici, à créer, la créativité étant une sorte de jeu intellectuel, de permission à nous-mêmes, à rêver, à nous relâcher et à nous accorder un brin de folie en privé (toutes les idées vraiment novatrices semblent elles-mêmes folles de prime abord). »

De leur côté, les processus secondaires sont liés au conscient, à la pensée logique et linéaire. Un individu qui se cantonne presque exclusivement dans ce processus a une personnalité rigide et il est apeuré par le contenu provenant des processus primaires. Par tous les moyens, il va tenter de taire les processus primaires qui cherchent à s’exprimer en lui. Ce type d’individu rencontre des blocages importants face aux activités créatives. En se bloquant de la sorte et en se privant l’accès au monde émotionnel, il risque de développer des difficultés dans son ajustement créateur au monde. Il peut même déveloper des troubles psychologiques et psychosomatique.

Exemple d’un processus créatif

Pour mieux illustrer mon propos, je vous réfère à l’image du dragon que j’ai illustré (voir ci-dessus l’illustration La peur du succès). J’ai réalisé cette illustration dans le cadre d’un travail introspectif sur ma propre démarche en tant qu’artiste. Les processus primaires se sont manifestés lors de la première étape de mon processus où j’ai créé deux mindmaps (cartes mentales) tiré d’un des exerices du livre Créez la vie qui vous ressemble de Anne-Marie Jobin (2013), dont celui sur la peur du succès, car il s’agit d’un enjeu qui provoque en moi certains blocages. L’exercice consiste à faire deux cartes mentales sur deux pages côte à côte, l’une sur notre peur du succès et l’autre sur notre désir de succès. Étrangement, une grande ligne sinueuse a commencé à se former du côté du désir du succès. Cela m’intriguait et j’ai continué à amplifier cette ligne en ajoutant d’autres traits, cette fois-ci des zigzags à angles pointus. J’ai pris conscience que je venais de dessiner un dragon et j’ai compris qu’il symbolisait ma peur du succès, mais que mon épanouissement personnel devait passer pas son acceptation et son apprivoisement. Ça m’a fait penser à la quête du héros qui doit braver son dragon intérieur comme nous l’explique Carol S. Pearson (1991) dans son ouvrage Awakening the Heroes Within . Ce merveilleux livre nous invite à une démarche de développement personnelle à travers 12 stades archétypales (l’innocent, l’orphelin, le soignant, le chercheur, l’amoureux, le destructeur, le créateur, l’arbitre, le magicien, le sage, le fou).

Pour poursuivre mon processus, j’ai décidé de reprendre certains mots clés de mes mindmaps et d’amplifier l’image du dragon pour en faire une œuvre visuelle. Une fois ma décision prise de réaliser une illustration de ce fameux dragon, j’ai glissée vers les processus secondaires à travers une série de tâches liées à la création de mon image : la planification, le choix du médium du support et des couleurs, la réalisation proprement dite, etc.. Comme les processus créatifs ne sont jamais linaires et séquentiels, mais plutôt circulaires comme le sont les mandalas (circumanbulatoire), les processus primaires ont refait surface à quelques reprises lors de mon processus. Par exemple, lorsque j’ai senti le besoin de découper mon dragon et de le superposer à un fond multicolore. Après coup, j’ai réalisé que cet arc-en-ciel de couleurs révélait l’aspect multidisciplinaire de ma pratique artistique. À la fin de mon processus créatif, j’ai ressenti un sentiment de sécurité intérieure, car je me suis permise d’entrer en contact avec mes peurs et j’ai réalisé que j’avais en moi la force nécessaire pour atteindre mes objectifs. Je me suis sentie davantage maître de mon destin.

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Être créatif…

Le pont de la créativité
Le pont de la créativité (crédit : Josiane Gagnon)

La créativité est un domaine qui m’a toujours passionné. Durant 15 ans, j’ai travaillé dans un domaine créatif à titre de graphiste. Tous les jours, je devais « pondre » de nouveaux concepts visuels. Une idée en attirait une autre, il y en avait parfois des moins bonnes, mais il y en avait toujours une pour me maintenir dans le flot créatif. Malgré un certain talent, je ne suis pas devenue une artiste de renom. Anzieu (1981) explique justement qu’il y a une différence entre être une personne créative et être un créateur. Ce qui distingue le créateur est qu’il produit une puissante percée novatrice qui va être reconnu par la communauté :

« La créativité se définit comme un ensemble de prédispositions du caractère et de l’esprit qui peuvent se cultiver et que l’on trouve chez tous, comme tendent à le faire croire certaines idéologies qui ont été un temps à la mode, du moins chez beaucoup. La création, par contre, c’est l’invention et la composition d’une œuvre, d’art ou de science répondant à deux critères : apporter du nouveau (c’est-à-dire produire quelque chose qui n’a jamais été fait), en voir la valeur tôt ou tard reconnue par un public. Ainsi définie la création est rare. » (Anzieu, 1981, p. 17).

Ainsi, je souhaite, à travers une série d’articles, approfondir avec vous le processus créateur. J’aborderai en détail plusieurs notions comme les étapes du processus créateur, les blocages et l’impact de l’œuvre sur l’artiste lui-même. Pour ce faire, je vais me référer à ma propre expérience ainsi qu’à plusieurs auteurs théoriques dont Anzieu (1981), Maslow (2006, 2008), Gosselin (1998), et certains autres.

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L’art-thérapie et les troubles psychotiques

indices visuels d'une personnalité schizotypique, magie, miroir, mains
Interprétation d’indices visuels d’une personnalité schizotypique

INTRODUCTION

Du point de vue de la psychopathologie, le DSM-5 classe les troubles psychotiques sous le libellé de spectre de la schizophrénie et autres troubles psychotiques. Sous ce libellé nous retrouvons la schizophrénie, ainsi que la personnalité schizotypique, le trouble délirant, le trouble schizophréniforme, le trouble schizoaffectif ainsi que le trouble psychotique bref. Une caractéristique commune à tous ces troubles psychotiques est le dysfonctionnement social.

En ce sens une approche psychosociale est souhaitée afin de permettre aux personnes souffrant d’un trouble psychotique d’améliorer leurs habiletés sociales. C’est ce qui m’amène à vous parler de l’art-thérapie comme d’une approche intéressante à utiliser auprès des personnes souffrant d’un trouble psychotique, car elle les aide à mieux s’ajuster au monde réel. Par exemple, les objectifs de l’intervenant en art-thérapie peuvent être de leur apprendre à mieux tolérer la présence d’autrui, à améliorer leur mode d’expression et même à assouplir leur routine.

Quelques considérations à connaître pour animer des ateliers d’art-thérapie auprès d’une personne souffrant d’un trouble psychotique

L’art-thérapeute doit adapter ses activités artistiques aux besoins de ces personnes et garder à l’esprit les enjeux qui peuvent émerger d’une telle activité comme la fragmentation, la persécution, l’omnipotence, l’anéantissement et le clivage. Ces enjeux peuvent être anxiogène pour les personnes psychotiques. En ce sens, un cadre sécuritaire doit être instauré pour permettre de contenir l’émergence de ces fantaisies. À l’intérieur d’un cadre sécuritaire, le processus artistique permet à la personne de mieux se structurer psychiquement tout en respectant ses défenses naturelles. Ainsi la personne psychotique peut explorer de façon sécuritaire les parties fragmentées de son Self et se reconstruire une personnalité mieux adaptée à la réalité du monde extérieur.

Par contre, cela est possible seulement avec la mise en place d’un suivi art-thérapeutique à long terme. Malheureusement, pour plusieurs raisons, souvent de nature organisationnelle, les suivis se font sur du court terme. Si l’on doit offrir un suivi à court terme, il faut alors viser des objectifs vers l’amélioration d’un bien-être et une meilleure qualité de vie, plutôt qu’une diminution des symptômes ou d’une guérison.

Dans tous les cas, un suivi art-thérapeutique doit se faire de manière progressive. Au début, l’utilisation d’un médium contrôlé et structurant comme les crayons de mine ou le feutre est recommandé. Il faut éviter les médiums liquides comme la peinture, car la personne psychotique peut se sentir submergé à son contact. Les médiums secs permettent mieux de renforcer la structure de l’ego et les forces intérieures de la personne.

Un autre aspect à considérer est la spatialité d’une création. Ainsi,  une œuvre artistique en 2D permet de toucher à des aspects différents qu’une œuvre en 3D. Par exemple, le dessin d’un paysage au feutre peut aider la personne à prendre conscience et à mieux différencier les éléments en figure/fond de l’image. Pour ce qui est de l’oeuvre en 3D, comme une sculpture en carton, elle mène un travail au niveau de la forme. Là où il n’y avait que l’informe, il y a maintenant la forme. Soulignons qu’un médium comme l’argile favorise la trace, le sentiment d’exister et l’instauration d’une limite concrète entre l’intérieur et l’extérieur. Par contre, l’art-thérapeute doit se rappeler que l’argile amène la personne à être en contact avec ces angoisses corporelles. Certaines personnes psychotiques voient en l’argile de même qu’avec la plasticine un objet de persécution. Par exemple, la pellicule d’argile qui sèche et craque sur la peau peut être très déstabilisante et rappelle l’enjeu de morcellement.

Au niveau des interactions, les premières phases d’approche de l’objet d’art se présente souvent par des interactions minimales comme « j’aime/ je n’aime pas». Ainsi, les premiers ateliers permettent à la personne d’explorer, d’apprivoiser et de classifier le matériel artistique et la composante d’une image (les couleurs, les lignes droites, entremêlées, sinueuses, les formes et l’emplacement des éléments graphiques sur une feuille). Tranquillement, la personne s’approprie le langage pictural pour exprimer son individualité.

Avant de terminer, je souhaite faire un bref survol des indices graphiques présents dans les œuvres d’une personne psychotique. On remarque souvent que les œuvres sont souvent inachevées, comme des ébauches construites sur des formes préliminaires, déformées et vides. Les objets sont souvent confondus avec l’arrière-plan. Les notions de perspective ne sont pas comprises. Les couleurs sont bruyantes, irréalistes et illogiques. L’atmosphère des œuvres est bizarre et fragmenté.

Malgré les considérations précédentes, il est de mon avis qu’il ne faut pas déprécier l’esthétisme de ce genre de création. Au contraire, l’histoire nous raconte que c’est grâce à l’innovation de certains psychiatres du 19e siècle que l’art est entré dans les asiles. Par la suite, cet art «des fous» est devenu un mouvement artistique connu sous le nom d’Art Brut. Aujourd’hui, l’Art Brut connaît encore une popularité auprès du milieu artistique, des musées et des collectionneurs.

Conclusion

Le sujet de l’art chez les personnes psychotiques est vaste et fascinant et j’aurais sûrement l’occasion d’y revenir, mais pour conclure, ce qu’il faut se rappeler c’est que l’art permet aux personnes souffrant d’un trouble psychotique d’avoir un meilleur contact au monde extérieur et intérieur, d’apprendre à mieux s’exprimer et d’améliorer leur qualité de vie. Au final, l’art leur permet de prendre une place dans la société.

Bibliographie

Gussak, D. E. et Rosal, M. L. (2016). The Wiley handbook of Art Therapy. Wiley & Son.

Killick, K. et Schaverien, J. (1967) . Art, Psychotherapy and Psychosis. London : Routledge.

Morrison J. (2014). DSM-5 Made Easy : The Clinician’s Guide to Diagnosis. New York : The Guilford Press.

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Gribouiller pour retrouver son équilibre émotionnel ?

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Gribouilli abstrait aux crayons feutres et pastels secs

Reconnaître ses états émotionnels

La réalisation d’une série de gribouillis permet de découvrir certaines tendances chez la personne. Par exemple, son gribouillage est-il sec et saccadé ou bien fluide et doux? Ces tendances permettent de comprendre comment la personne interagit ou réagit avec son environnement ainsi que ses états émotionnels du moment présent.

Les biens-faits du gribouilli

Bien au-delà de l’aspect analytique des gribouillis, la production de ces dessins ont des effets bénéfiques. Cela peut permettre de se déconditionner, c’est-à-dire de mettre de côté une trop grande intellectualisation ou rigidité acquise. Cela aide également à dépasser certaines peurs et exigences liées à la performance. Cela peut mettre fin à des verbiages improductifs et nous faire découvrir des choses insoupçonnées ou refoulées. Les gribouillis permettent également de dépasser les blocages, d’atteindre des zones de conflits, de s’autoréguler, de se détendre, de s’exprimer autrement que verbalement, d’ouvrir sur le senti, de calmer le mental, de se centrer, de contacter le monde des émotions, de se libérer d’un malaise affectif, de projeter son Soi, de favoriser la créativité, de mobiliser le corps et de revenir à l’instant présent.

La couleur, les médiums et la créativité…

L’utilisation de la couleur favorise l’équilibre émotionnel. À travers le bleu, Nous pouvons ressentir de la sérénité; avec le jaune et l’orange, on peut être dynamisé; à l’aide du brun, nous pouvons prendre contacte avec nos somatisations; grâce au rouge, nous pouvons nous libérer d’une partie de la violence qui nous habitr; en utilisant du violet, nous pouvons nous ouvrir à la spiritualité; et au moyen du vert, nous pouvons nous centrer sur notre bien-être physique et mental.

L’usage de différents médiums est aussi une expérience enrichissante. Il est intéressant de prendre conscience que chaque médium suscité en nous une sensation particulière. Par exemple, nous pouvons observer l’effet structurant du crayon de bois; l’effet régressif de la peinture aux doigts; ou encore de l’effet fluide et non contrôlé de l’aquarelle.

Concernant les gribouillis développés, ils sollicitent beaucoup la créativité. Ils aident, également, à résoudre des conflits intérieurs qui émanent du gribouillis brut. On peut dire que les gribouillis développés ouvrent le processus de guérison naturel et inconscient.

Mise en garde thérapeutique

L’utilisation du gribouillis peut être déconseillée en période de grande désorganisation psychique. Une personne trop régressée ou trop angoissée pourrait voir ses affects exacerbés par un tel exercice. Par exemple, une personne psychotique a besoin d’un contact avec la réalité, le gribouillis pourrait représenter une trop grande abstraction, ce qui ne l’aiderait pas à se réorganiser adéquatement.

expression créative
gribouilli transformé aux pastels secs

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Le rêve en art-thérapie

Le rêve selon Fluchaire

détails du rêve Hiver. flocons de neige
Détail repris et amplifier à partir du rêve Hiver (crédit de l’image : Josiane Gagnon)

Selon Fluchaire (1985), le rêve utilise un langage à part qui possède son propre code. Le rêve nous parle en images. Il peut arriver que ses images nous envoient un message clair, mais la plupart du temps il s’adresse à nous de façon détournée, il utilise la langue des symboles. Toujours selon Fluchaire (1985), le langage symbolique a pour effet d’augmenter la puissance du message, car il mobilise l’émotivité de la personne en la chargeant d’une énergie nouvelle issue des profondeurs de la psyché. C’est en ce sens que le symbole est un transformateur d’énergie. Par exemple, c’est en utilisant une méthode orientée vers l’amplification d’un détail que l’on donne davantage de puissance à un message. On peut demander à la personne de s’attarder à un élément de son rêve et de le dessiner en grand format pour faire ressortir le caractère le plus prégnant. Fluchaire (1985) qualifie le langage du rêve de vivant, car ses images projetées sur notre écran intérieur venant des profondeurs primitives de l’inconscient humain viennent nous remuer, nous transformer, nous « […] en met plein la vue » (p. 83).

Le rêve vient enrichir notre vie à l’aide de son langage symbolique, il « transmet des informations de notre partie instinctive à notre partie rationnelle » (Fluchaire, 1985, p. 91). Toutefois, le rêve le fait avec un immense tact. Il évite de brusquer le rêveur qui pourrait, s’il se sent attaqué, se refermer et bloquer, ainsi, tous les précieux messages provenant de l’inconscient. En terminant, Fluchaire (1985) mentionne que c’est lorsque l’on rêve qu’on est le plus près du cosmos, ce qui donne au rêve un caractère spirituel et universel.

Bibliographie :
Fluchaire, P. (1985). La révolution du rêve. Escalquens : Ed. Dangles.

Personnages de dos en manteaux d'hiver, rue enneigée
Le rêve Hiver (crédit de l’image : Josiane Gagnon)
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Le rêve en art-thérapie

Le rêve en art-thérapie (1ière partie)

Le travail du rêve sera aborder en profondeur à travers une série de plusieurs articles. Le présent article est le premier jet de cette série.

Ainsi, je vais expliquer certaines notions théoriques et pratiques concernant le pouvoir thérapeutique du rêve en art-thérapie. Entre autre, je vais puiser dans les textes de Gaston Bachelard afin de mettre en lien les notions sur l’imaginaire et celles du rêve comme outil thérapeutique, et de Carl Jung pour expliquer la fonction des rêves et leurs symboliques.

J’espère que le sujet vous passionnera autant qu’il me fascine. En attendant le prochain article, je vous souhaite de beaux rêves.

Oniriquement,

Josiane Gagnon, art-thérapeute

Le rêve
(crédit de l’illustration : Josiane Gagnon)

 

Introduction

Chaque nuit, nous plongeons dans le sommeil et nous traversons quatre cycles : l’endormissement, le sommeil léger et lent, le sommeil lent et profond, et le sommeil profond et paradoxal. C’est au stade du sommeil paradoxal que les rêves sont les plus intenses. De toutes les époques, les rêves ont fasciné l’homme (Magrin, 1996). On a qu’à penser aux Grecs de l’antiquité qui utilisaient les rêves pour être conseillés dans la prise de grande décision (Garfield, 1983). Mais pour tirer de tels conseils de nos songes, il faut s’en souvenir. Plusieurs personnes se plaignent de ne pas y parvenir. Il existe pourtant plusieurs méthodes pour pallier à cela. En ce qui me concerne, je tiens un journal personnel de mes rêves depuis plus quelques années. Ce journal m’aide à approfondir le sens d’un rêve.

(à suivre...) 
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L'art comme thérapie

En quoi l’art peut être thérapeutique?

crédit de l’image : Josiane Gagnon

Angela Evers (2010) dans son livre Le grand livre de l’art-thérapie nous raconte la situation thérapeutique d’une femme, Nina, ayant un problème de dépendance à l’alcool, et pour qui l’art-thérapie a permis de révéler la grande souffrance que camouflait sa consommation. À son premier atelier d’art-thérapie, Nina s’est dessinée en se représentant portant une poche à patates et tenant entre ses mains sa tête décapitée. Cette expression artistique a permis à Nina de faire ressortir les séquelles des traumatismes de l’enfance dont elle a été victime. Ce premier dessin (l’image d’un corps morcelé) donne des indications importantes pour guider le travail de réparation et de guérison. Nous voyons comment cette activité artistique a permis à Nina d’être en contact avec elle-même, tant au plan physique par l’utilisation de matériel d’art que psychologique par la symbolisation d’une souffrance. Elle a réussi à s’exprimer autrement que par des mots et de façon plus complète et rapide.

Selon une vision neurophysiologique (Muret, 1983), nous pouvons dire que Nina a utilisé ses fonctions cérébrales droites pour prendre contact avec des souvenirs douloureux. On associe l’hémisphère gauche principalement à la communication verbale et à la logique, tandis que l’hémisphère droit est associé à la communication non verbale, à l’intuition, à l’imaginaire, aux souvenirs et à l’inconscient. Lorsque nous créons des images, l’hémisphère droit est beaucoup sollicité. Watzlawick, (1980 : cité Muret, 1983) soutient que dans cette région du cerveau s’opère le processus du changement. Hoppe (n.d. : cité dans Muret, 1983) avance que les troubles psychosomatiques répondraient à un blocage de l’hémisphère droit. De son côté, Winnicott (1975 : cité dans Muret, 1983) proposait à ses patients de faire des gribouillis afin d’y remédier.

Il y a de nombreuses approches en psychologie qui se servent de l’art pour sa fonction thérapeutique. L’approche cognitivo-comportementale s’intéresse à l’art pour modifier certains symptômes, comportements et cognitions. Dans le cas de Nina, la création artistique pourrait être utilisée pour la restructuration cognitive en travaillant en même temps les schémas de pensées et les émotions liées à des événements traumatisants qu’elle aurait exprimées sur papier.

L’approche humaniste parle de l’actualisation du soi par la création. Les art-thérapeutes humanistes vont aider la personne à renouer avec son potentiel créatif. Plus précisément, l’approche gestaltiste va mettre l’accent sur l’expérience immédiate lors de la production artistique. Une attention particulière au processus de création sera portée. Un art-thérapeute gestaltiste pourrait demander à Nina, par exemple, ce qui l’étonne ou la surprend (ce qui est prégnant) dans l’image qu’elle vient de créer.

L’approche psychodynamique s’attarde à l’image comme étant un réceptacle de l’inconscient qui favorise les prises de conscience. La relation transférentielle est importante et elle est vue comme se jouant à trois (triangulation), entre le client, l’œuvre et le thérapeute, et de façon multidirectionnelle. Plusieurs auteurs se partagent la vision psychodynamique, dont Judith Rubin (1982) qui voit la création artistique comme un va-et-vient entre vivre des tensions et s’en libérer. Pour Edith Kramer (1971), c’est le mécanisme de sublimation qui est central en permettant de concilier l’instinct et le social. Selon, elle, l’art est thérapeutique en soi, car il soutient le développement de l’identité et la maturation. Les mécanismes de défense deviennent problématiques quand ils bloquent la créativité et que l’art ne trouve plus son chemin vers l’expression. Par exemple, les mécanismes de répétitions sont productifs quand ils sont au cœur de l’apprentissage et voués à l’évolution de la personne en la faisant pratiquer (répéter). Ils sont néfastes quand ils font tourner la personne en rond sans la faire avancer. Jean-Pierre Klein (2009), quant à lui, souligne l’importance que l’abréaction (décharge émotionnelle) soit transformée par l’activité artistique, car selon lui ce qui est thérapeutique c’est de se re-créer et non pas simplement offrir un écoulement des affects. Ce qui est réparateur, ce n’est pas tant la compréhension de soi ou de son environnement, mais, de permettre au verbe de prendre vie, de s’incarner dans l’individu par le biais de la création d’œuvres artistiques. Le processus de création permet de convertir le symptôme et redonne la santé à la personne. Par l’exemple de Nina, nous pourrions dire que l’art-thérapie est une façon de parler de soi sans dire le je tout en ayant une distance sécuritaire avec le traumatisme et en même temps de le révéler au thérapeute.

Selon une autre auteure, Harriet Wadeson (1980 : cité dans Irving, 2009), l’activité artistique est thérapeutique, car elle travaille sur plusieurs facettes de l’individu à la fois ce qui confère un caractère holistique. L’art est, également, thérapeutique (Gérin, 2000a), car il permet d’explorer l’imaginaire, d’exprimer l’inexprimable, d’exprimer au lieu de décrire, de raviver la mémoire, de ramener au présent, d’énergiser tant sur le plan physique et psychique, de transformer des modes de pensée, d’accroître l’estime de soi, de prendre une distance et d’intégrer avec moins de heurts nos projections, d’ouvrir de nouvelles possibilités, et de créer des objets qui ont une vie dans
le temps.

Et finalement, soulignons que Winnicott (1975) utilisait l’art avec ses patients pour le jeu qu’il procure. Naturellement et spontanément, les enfants en santé jouent et gribouillent, l’art les aide à se construire et à se développer. Il serait judicieux de suivre leur exemple et d’avoir des activités artistiques pour guérir de nos blessures psychiques et favoriser une bonne santé!

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Art-thérapie L'art comme thérapie

Les biens-faits de l’art-thérapie

Et si ma créativité était un jardin, à quoi ressemblerait-elle… (crédit : Josiane Gagnon)

Voici quelques exemples des biens-faits que l’art-thérapie peut vous apporter :

  • Stimuler votre créativité;
  • Acquérir une meilleure connaissance de soi;
  • Faire des choix qui vous conviennent mieux;
  • Améliorer vos relations interpersonnelles;
  • Vivre de manière plus harmonieuse;
  • Mieux gérer votre stress;
  • Et bien plus…